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11 mars 2019

Suppression de règles prudentielles des laboratoires : un risque pour le patient

En souhaitant réduire certaines contraintes existantes, Edouard Philippe va au final à l’encontre des intérêts du patient.

L’annonce d’une série de mesures faite par le Premier ministre le 5 mars 2019 était supposée redonner du pouvoir d’achat aux Français en développant la libre-concurrence dans une série de secteurs.

Les laboratoires de biologie médicale ont été cités. Les concernant, les mesures de dérégulation pourraient bien au final nuire aux patients. En souhaitant réduire les contraintes existantes des laboratoires de biologie médicale – comme celle de réaliser l’essentiel des analyses sur place – afin de pouvoir baisser leurs prix, il ouvre la voie à un effet de domino au résultat connu : les biologistes libéraux et indépendants seront les premiers touchés et seront forcés de fermer, provoquant une forte réduction de l’offre de laboratoire sur le territoire, fragilisant ainsi les Français les plus mal lotis.

Cela laisserait la porte ouverte à la constitution de monopoles constitués d’acteurs financiers étrangers à l’intérêt des patients et mettrait à mal le système de soin français, ainsi que la présence de médecins et de pharmaciens biologistes sur tout le territoire français.

De plus, les actes de biologie médicale étant remboursés par la sécurité sociale, l’économie sur le coût des analyses ne se transformera pas en pouvoir d’achat, mais en économie de remboursement pour l’Assurance maladie.

Rappelons que les règles prudentielles existent non pas pour des raisons commerciales, mais médicales. Les biologistes médicaux Français espèrent que le Premier ministre reviendra sur son annonce les concernant. Les biologistes médicaux (pharmaciens et médecins spécialisés) souhaitent qu’il réalise que la biologie médicale n’est pas une activité technique, sous-traitant des médecins, mais bien une spécialité médicale dont les résultats sont utilisés dans près de 70% de leurs diagnostics médicaux.