Mon biologiste médical,
l’expert de mes diagnostics biologiques

18 avril 2016

Le biologiste médical présent à toutes les étapes du dépistage et du traitement des cancers

Si le dépistage du cancer résulte d’une approche multidisciplinaire impliquant le biologiste médical, le suivi du traitement et des récidives les place en première ligne pour la réalisation des analyses. Focus sur le rôle du biologiste médical, du diagnostic au suivi de la maladie.

Du dépistage au suivi des traitements. Du dépistage au suivi des traitements.

 

Disposer d’un test de biologie rapide, simple à mettre en œuvre et fiable pour dépister tout type de cancer relève encore aujourd’hui d’une utopie : à ce jour, seul le dépistage de masse du can-cer colorectal peut se faire via une simple recherche de sang dans les selles. Et c’est l’un des rares cancers dont le dépis-tage à grande échelle repose uniquement sur l’analyse faite en laboratoire. En effet, pour la plupart des cancers, le dépistage est effectué selon un faisceau de preuves dans le cadre duquel le travail du biolo-giste médical est un maillon d’une chaîne d’expertise. S’ensuit une analyse selon une approche multidisciplinaire réunis-sant médecin traitant, oncologue, chirur-gien, anatomo-pathologiste, radiologue et biologiste médical laquelle conduit à l’établissement définitif d’un diagnostic. 


 

Un rôle partagé pour le diagnostic

« Toutefois, on recense trois ou quatre cas pour lesquels il existe d’ores et déjà des outils de biologie spécifiques permettant de diagnostiquer un cancer », précise Henry-Pierre Doermann, biologiste médical à Bergerac (Dordogne). Dans quelques cas, en effet, une prise de sang suffit pour poser un diagnostic, comme pour les affections systémiques que sont les hémopathies (leucémies aigües ou chroniques, voire certains lymphomes). En effet, une simple analyse de sang permet de discerner des anomalies de l’hémogramme (anémie, cytopénie, pan-cytopénie, cellules immatures etc.). Et lorsqu’elle est complétée par un typage cellulaire et/ou un myélogramme, il est en général possible de poser un diagnostic.

« Dans le cas des tumeurs solides, le travail du biologiste consiste à analyser les marqueurs tumoraux spécifiques qui sont des molécules synthétisées par la tumeur et relarguées dans le sang », explique Henry-Pierre Doermann (cf. encadré 1). Par exemple, pour le cancer de la prostate, le biologiste recherchera le taux de Prostatic specific antigen (PSA); pour le cancer médullaire de la thyroïde, le taux de thyro-calcitonine ; pour l’hépatocarcinome sur cirrhose, l’alpha-foeto-protéine (cf. tableau). En effet, la présence de ces différents mar-queurs est augmentée lorsqu’un cancer touche ces organes. 

Mais prudence car la recherche de ces marqueurs peut aussi brouiller les pistes et conduire à des faux positifs et des faux négatifs… Ainsi, une élévation du taux de PSA peut s’observer dans le cas des adénomes de la prostate ou des prostatites sans qu’un cancer ne soit pour autant déclaré tandis qu’un patient ne présentant pas forcément une éléva-tion du taux de l’un de ces marqueurs peut néanmoins être touché par la mala-die. L’analyse de ces marqueurs n’est donc pas suffisante pour le dépistage même si elle permet de l’orienter et de parfaire le diagnostic. Charge alors, à l’oncologue, de collecter d’autres résul-tats d’examens (cliniques, histolo-giques, radiologiques) pour poser définitivement un diagnostic.

 

En première ligne pour le suivi et la surveillance

Outre leur valeur potentiellement dia-gnostique, ces marqueurs peuvent aussi avoir une valeur pronostique et interve-nir dans le choix d’un traitement. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’ils sont large-ment utilisés aujourd’hui. Les biolo-gistes les recherchent notamment une fois qu’un traitement est mis en place pour juger de son efficacité ou lorsque celui-ci est terminé pour effectuer une surveillance du patient pendant sa rémission et vers sa guérison. « Lorsqu’un diagnostic de cancer a été posé et qu’un traitement a été envisagé, on peut doser les marqueurs pour avoir un suivi de l’ef-ficacité du traitement. Par exemple, dans le cas du cancer de la prostate, on dose le PSA et l’on observe sa cinétique sur plu-sieurs semaines pour juger de l’efficacité du traitement, voire de sa réussite lorsque le PSA devient indétectable », indique Henri-Pierre Doermann. Pour le cancer du sein, on utilise le marqueur CA 15-3 et pour l’ovaire, le CA 125.

Bref, il existe une multitude de mar-queurs connus : à la différence du dépistage et du diagnostic, une fois qu’un cancer a été identifié, on peut utiliser spécifiquement un marqueur pour le suivi du traitement. Reste au biologiste à bien interpréter les résultats : « Nous sommes en effet en première ligne lorsque les résultats d’analyses tombent et le patient veut savoir ce qu’il en est. Nous devons donc non seulement savoir manier ces marqueurs mais aussi communiquer autour de leur interprétation pour repla-cer les résultats dans un contexte glo-bal », insiste Henri-Pierre Doermann. 

 

Un apport expert sur les effets secondaires

En dehors de ce suivi de traitement via les marqueurs tumoraux, le biologiste peut également apporter son expertise dans la surveillance des effets secon-daires de la chimiothérapie : « L’idée est de pouvoir mesurer l’impact parfois toxique de ces traitements sur les lignées sanguines du patient. Certaines chimio-thérapies peuvent notamment entraîner une forte chute des globules blancs (neutropénie, a-granulocytose), ce qui expose le patient à des risques infectieux. Par ailleurs, le résultat de l’hémo-gramme impose parfois de différer le trai-tement prévu », note Henry-Pierre Doermann. Là encore, le biologiste est le lien indispensable avec l’oncologue qui peut alors décider, à la lumière des résultats d’analyses, de la poursuite ou non du traitement. 

  

Dernière modification le lundi, 23 mai 2016